Quand j'entends le mot culture web 2.0, je sors mon revolver.*
Le 19 janvier dernier, Christine Lagarde, Christine Albanel, Luc Chatel et Nathalie Kosciusko-Morizet ont lancé une mission pour favoriser la diffusion des œuvres culturelles sur le «Web 2.0» dans le respect des droits de propriété intellectuelle.
A en juger par le choix du "chargé de mission" et contrairement à ce que les règles d'écriture nous ont enseigné, l'information principale qui intéresse cette mission se trouve en fin de phrase.
S'agissant de Pierre Sirinelli, pudiquement désigné comme spécialiste reconnu du droit de l’immatériel, il s'agirait plutôt de légiférer d'une main fer "se pencher sur les conditions techniques, financières et juridiques de mise en place d'un répertoire national des oeuvres protégées" que de diffuser des œuvres culturelles sur le "web 2.0" ...
Pierre Sirinelli, c'est déjà lui qui avait "réfléchi à une responsabilisation des fournisseurs d'accès à Internet concernant les contenus qui circulent sur leurs réseaux." Le filtrage ...
Traduction : sa nouvelle mission est donc bien de réfléchir à comment lutter contre le piratage sur le Web 2.0. En clair, faire le ménage sur les plateformes de Canal+, TF1, Wat, YouTube ou Dailymotion, les "services du Web 2.0, et notamment les sites contributifs fréquemment utilisés par les internautes pour diffuser ou reproduire illégalement des oeuvres audiovisuelles, cinématographiques ou musicales".
Appelons un chat un chat. Pour se comprendre, il faudrait déjà commencer par parler le même langage ... sans toutefois apprendre à parler le Geek Gang Signs (en illustration) encore que ...
Pas gagné pour l'émergence de ce serpent de mer répertoire qui figurait déjà dans le plan Besson France numérique 2012.
Prochains rendez-vous, le rapport d’étape aux trois ministres le 30 avril, puis la version définitive des propositions avant le 30 juin 2009.
* Flingons les idées reçues. Histoire d'une phrase qui a fait le tour du monde et perdu sa source.




