Guerre et Paix : Le champ de bataille technologique
De plus en plus fort et de plus en plus vite.
Au théâtre de l'humanité, après la guerre de 100 ans, celle de 30 ans, puis celle des 6 jours, voici La guerre des 15 secondes.
Il y avait la traditionnelle guerre des images, fauxtographies et propagandes diverses, celle qui se jouait dans les magazines et sur les écrans de nos chaînes de télévision.
Désormais, une autre guerre se joue. La guerre sociale, celle de nos téléphones mobiles et de nos écrans d'ordinateurs. Une guerre électronique d'un genre nouveau.
Bombardements de sms
Pour rappel et un survol très sommaire du marché mobile, Israël a un taux de pénétration mobile de plus de 100%, un ARPU de 48 USD et 12% des terminaux sont des smartphones. Le principal opérateur, Cellcom, a 3 millions de clients.
Le taux de pénétration des territoires Palestiniens serait de 81% avec plus d'1 milion de clients pour Jawwal, l'unique opérateur palestinien (chiffres de 2006). Il faut ajouter à cela une fourchette entre 20 à 30 % d'utilisateurs palestiniens sur un des network israéliens.
- Pour sauver des vies
Le croissant rouge et souktel installés à Ramallah, envoient des milliers de sms pour des appels au don de sang à un fichier d'environ 5 000 donneurs palestiniens.
Israël fait précéder ses attaques par des milliers de SMS aux propriétaires de téléphones portables du secteur pour les prévenir et leur demander d'évacuer les lieux.
- Pour la terreur
Le Hamas lui aussi bombarde. Le journal Globes et des témoignages enregistrés par Israel Valley rapportent que des milliers d'Israéliens ont reçu des SMS les enjoignant de ne plus bombarder Gaza, les prévenant de l'imminence d'attentats suicide ou leur annonçant une surprise (sic). Des attentats fictifs, jusque là, mais qui néanmoins atteignent leur but : ajouter un peu plus de tension et de pression.
Champs de bataille des réseaux sociaux
Depuis l'avènement d'Internet des sites se sont affrontés, chacun sur son terrain et chacun son propre domaine.
Même si la démarche n'est pas nouvelle -- un groupe FaceBook existe depuis plus d'un an -- depuis quelques jours, l'utilisation d'Internet à pris une autre dimension. Celle des réseaux sociaux.
Au-delà des conversations particulières et des témoignages épars, pour la première fois, les forces armées israéliennes ont ouvert une chaîne sur Youtube et y mettent en ligne des vidéos de bombardements des positions du Hamas dans la bande de Gaza.
Autre initiative novatrice, le consulat israélien de New York a ouvert un compte twitter et a tenu une conférence de presse citoyenne où chacun pouvait poser ses questions et recevoir une réponse. Un compte rendu en ligne est consultable ici.
De son côté, Al Jazeera English a ouvert un compte spécialement dédié, devenant, à ma connaissance, un des premiers media à utiliser le widget twitter sur son site.
Toujours à ma connaissance, aucun site n'a encore repris le widget twitter du compte @qassamcount qui informe en temps réel du lancement de roquettes Kassam depuis Gaza vers Israël. Certes fastidieux à suivre, il est néanmoins révélateur d'une réalité de poids.
Terrorisme en ligne
Comme dans la vie réelle, l'escalade conduit à des actes terroristes : hier, le groupe auto-proclamé “Team Evil” et dont ce n'est pas le premier "exploit" a hacké la page d’accueil du site israélien Yedihot Haaronot.
Alors, qui va la gagner, cette guerre en ligne ?
Tout le monde s'accorde à dire qu'Obama a gagné son élection en partie par sa présence sur Internet et son utilisation des réseaux sociaux. Dans cette guerre Israël vs Hamas, et non pas Israéliens vs Palestiniens, il n'y aura ni gagnant ni perdant, mais des vies épargnées le jour où une solution durable sera enfin trouvée et des vies sacrifiées tant qu'une solution durable ne sera pas trouvée. Le seul gain de cette présence sur Internet est la faculté d'expliquer de la façon la moins biaisée le pourquoi des actes de chacun.
A l'aune de cette grille d'analyse, je me félicite d'avoir reçu ce lien d'un ami musulman avec ce commentaire que je traduis : "Mort d'un pourri qu'on n'a pas su empêcher nous-même. Il faut bien l'admettre, ces salops continuent à utiliser des boucliers humains et le lavage de cerveaux."
Celles et ceux qui me lisent connaissent déjà mon point de vue sur le sujet (souvenez-vous !).
Dans le flot des initiatives en ligne, je n'ai qu'une chose à ajouter et la question est simple :
Il est exactement là, l'enjeu de cette guerre technologique.



















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