400 euros quand même par an ! Vous aviez déjà mis ce chiffre en perspective ? Moi, pas. Je viens de le faire.
Parce que je viens de lire les "11 propositions relatives à l’Internet haut débit et à ses objectifs 2020", que Jean-Bernard-Lévy, Président du Directoire de Vivendi, René Obermann, CEO de Deutsche Telekom, et Ben Verwaayen, directeur général d’Alcatel-Lucent, ont présenté la semaine dernière à la Commission européenne.
Avertissement : la consultation de ces 11 propositions est à déconseiller aux âmes sensibles partisanes de la neutralité du Net. Certaines de ces propositions, insoutenables, peuvent choquer.
Je suis tombée de ma chaise.
Sous la novlangue, fumeuse mais aux contours bien visibles, le paysage se dessine :
La mort de l'Internet tel que nous le vivons depuis sa conception et encore aujourd'hui via la recommandation d'un Internet à plusieurs vitesses : une connexion bridée et chère ne permettant pas l'accès à la source, à la destination ou aux contenus dans des conditions optimum et de façon égale ; et une connexion sans bridage, plus chère pour ceux qui veulent accéder à des services qui consomment toujours davantage de bande passante.
Ce n'est pas nouveau. Au hasard, en 2006. Mais là, cela se rapproche dangereusement. Je résume :
Je paie donc plus de 400 euros par an pour me connecter à l'Internet fixe où certes je consomme du contenu, mais j'en produis aussi. J'écris, je rate (du verbe anglais to rate, que les choses soient claires), j'upload, je download, je commente, j'update, je joue, j'achète ...
Donc moi (toi, nous, vous) qui paye l'accès et alimente le bouzin en contenu, je n'ai été représentée par aucune association de consommateurs ou de citoyens pour participer à cette récolte d'avis autorisés ?
Tu m'étonnes, Charleston, qu'elle ait permis "un degré de consensus remarquable et inattendu entre ces acteurs de toute la chaîne de valeur, opérateurs, fabricants, agrégateurs, éditeurs de chaînes, etc". Encore une fois, les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Dans cette chaîne, il y a un acteur essentiel qui a voix au chapitre : moi (toi, nous, vous) à qui personne n'a demandé son avis.
Alors le voilà :
Je ne veux pas d'un Internet ultra-libéral des grands patrons des Télécoms. Pour 350 euros par an et la contribution que j'apporte, je veux la neutralité des réseaux. Et pas en option. Je veux un bien public, indivisible, sans entrave. Et en très haut débit.
Non ce n'est pas simpliste. Oui j'ai conscience des intérêts économiques. Justement. Je les vois chaque jour sur les réseaux mobiles dont les atteintes à la neutralité deviennent monnaie courante à l'égard du contenu, de la source ou de la destination. Et pourtant, et en plus, ma connexion Internet mobile me coûte encore plus cher que ma connexion Internet fixe.
Fool me once, shame on you; fool me twice, shame on me!
Moi non plus, spontanément, je ne saurais plus vous dire en moins de 10 secondes quels ont été les événements marquants de l'année 2010.
Temps réel, instant présent, infobésité, tout va si vite qu'une info chasse l'autre et que la mémoire, sélective et/ou affective, n'est pas extensive.
L'année 2010 en mots-clés, ça aide à se souvenir un peu moins mal.
Chez Yahoo France, toutes rubriques confondues, « Secret Story » arrive en tête des recherches des internautes français pour la 3ème année consécutive. Depuis 2 ans, l'Olympique de Marseille reste le club de foot le plus recherché sur le moteur de Yahoo! France egt occupe la 2ème place. Zahia D., encore inconnue il y a encore quelques mois fait malgré elle une entrée fulgurante au sein du classement où elle se hisse à la 6è place. Enfin, légende incontestée de la pop musique et personnalité médiatique même plus d’un an après sa disparition, Michael Jackson reste cette année encore dans le classement général et se positionne au 9e rang du classement. Je m'y reconnais peu. A-t-on vraiment vécu la même année, sous le même soleil ?
Chez Google France, Justin Bieber, Haïti, Facebook et YouTube ont ponctué les activités de recherche des Français, alors que de nouveaux phénomènes comme chatroulette ou le jeu grepolis ont émergé sur la toile. C'est déjà plus proche de l'année dont je me souviens.
Toutes régions du monde confondues l'année 2010 sur Google se résume en 2'54.
Sur twitter, un très joli site dédié à 2010 encore en cours de construction à l'heure où j'écris ces lignes. Cliquez sur l'image pour voyager dans l'année 2010. Ce doit être là que j'ai passé le plus clair de mon temps. C'est cette année 2010 là qui me parle le plus. Est-ce si étonnant ?
Je vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d'année. Si l'occasion s'y prête et si le temps le permet, je mettrai probablement à jour mes incroyables prédictions pour 2011 d'ici la fin de l'année. Peut-être. Qui sait :-)
The horse is here to stay but the automobile is only a novelty - a fad. The president of the Michigan Savings Bank advising Horace Rachham (Henry Ford’s lawyer) not to invest in the Ford Motor Co., 1903
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A la demande générale de ma famille, à la vue du nombre de requêtes Google qui aboutissent sur mes précédentes prédictions, et compte-tenu de ce que j'ai pu lire ici et là, les revoilà. Actualisées.
Technique innovante dont je suis l'inventrice et la dépositaire, elle permet de décoder les secrets de l'Internet
par l'étude des lignes de connexion et la façon dont elles se croisent,
pondérée par leur longueur et leur vitesse de téléchargement.
L'algorithme,
éprouvé depuis 2007, a été affiné pour introduire une variable
Internet Mobile *illimité* dont la courbe, asymptotique à l'ARPU moyen
européen, a été corrigée en données variables saisonnières asiatiques.
L'effet barnum a été compensé par un non recours systématique à la
zététique, de façon à infirmer l'adéquation avec un principe de réalité
f(r)ictionnelle auquel il est cependant difficile d'échapper.
Les puristes objecteront là un biais possible dans l'interprétation. Qu'ils
soient rassurés, quand les résultats étaient difficilement
interprétables, une modélisation originale à base de lecture de marc de nespresso a été utilisée. Note : Le marc de feuilles de thé vert a été
abandonné en raison de traces de pesticides pouvant induire en erreur
quant à l'innocuité de certains sites.
Les 3 grandes tendances générales 2010-2013
La prééminence du "clouding" déjà émergente en 2009 se confirmera jusqu'en 2013. Mot tiroir
des 4 prochaines années, la terminologie évoluera en masses
stratosphériques fumeuses, avec pour centre géographique international
les Hauts-de-Seine, France. De façon progressive entre 2010 et 2013, accélérée à partir de 2012, les silicon valley mondiales seront
relocalisées dans le Parc de Saint-Cloud.
L'emergence du "squaring". Après avoir tourné en rond quelques années autour du concept centripète de web 2.0, remise au carré de la forme et du fond. De Square à Foursquare, les squares se multiplient, surfant sur le malentendu d'une vague green qui conduit au changement de nom du Parc de Saint-Cloud en Square de Saint-Cloud, renouvelant au passage les standards de la géolocalisation et de la taxe carbone, désormais payable via mobile après validation du Conseil Constitutionnel en 143ème lecture. La formule e-paiement² x m-géolocalisation = multitouche se généralisera dès 2012.
Synthèse du clouding et du squarring qui aboutit dès 2013 au concept de "squared cloud". Le squarred cloud est la généralisation de tablettes carrées tactiles multitouch dont les données sont hébergées dans le cloud. Le déclin des netbooks amorcé dès fin 2011 se confirme en 2013, avec l'arrivée surprise de la tablette Red squared Goocloud tournant sous le révolutionnaire OS Squared Chrome proposé en version beta publique dès 2011.
Les prédictions par secteur
Réseaux sociaux : la tendance remise au carré avec pour effet collatéral la disparition de FaceBook en 2012 déserté par ses utilisateurs suite à l'introduction des Squarred Terms Of Service. La base migre vers un ancien outil réactualisé : la télévision. Le terme Réseau social tombe en désuétude pour prendre l'appellation de Square télévisuel. Attention : Les ascendants Poisson devront rester sur leur garde dans leurs relations sociales. L'eau trouble des réseaux sociaux pourraient les conduire à frétiller de la queue à leurs risques et périls.
E-commerce : Multiplication des Market Squared, sorte de portails thématiques regroupant plusieurs e-boutiques. Apparition des M&MS, Mobile Market Squared. Bonne nouvelle : L'entrée de la fibre en mars favorisera les natifs du 3ème décan dans l'ouverture de boutiques en ligne. Les ascendants Google devront surveiller de très près leur taux de conversion.
Marketing/Publicité/Presse : De forts mouvements sociaux sont à prévoir dans le secteur. Les premières revendications apparaissent fin 2010 aux cris de "Les salaires des forçats du web indexés sur la réalité augmentée". Des affrontements très durs aboutissent aux accords des 140 caractères début 2011, définissant les nouveaux standards du feuillet. Pour des raisons obscures, la France refusera d'appliquer cet accord pourtant international. Bonne nouvelle : Une vague de buzz pourrait toucher les natifs du 1er décan ascendant Bourdon. Surveillez votre boîte à e-miel.
Téléphonie mobile : L'entrée de la 3G en maison IV censée bouleverser la configuration des opérateurs historiques français ne devraient pas se produire avant 2011. Les quelques séismes ne devraient pas être aussi fortsqu'annoncés. Au niveau mondial, la tendance à la concentration se généralise dès la fin 2010 pour aboutir en 2012 à deux opérateurs/constructeurs majeurs qui se partagent quasiment l'ensemble du marché : Gooapple et Nokioscroft. Attention : Natifs du signe de la Balance, l'entrée de Saturne en Pluton vous incitera à changer d'opérateur, suivez votre instinct plutôt que les cours de la Bourse.
Finance/Bulle : La tendance zen à la visualisation en 3D d'un rond dans un carré (rounded square) se généralise sous l'impulsion du mouvement Pour éviter la tête au carré, faisons le dos rond. Ce qui n'empêchera pas la bulle d'éclater début 2013. Éclatement sans conséquence fâcheuse pour les natifs du scorpion qui sauront défendre leur pré carré à condition de garder les pieds sur terre et la tête dans les nuages.
Bonus : Retour en force de John Le Carré. Investissez dans les éditions originales.
Si vous souhaitez ajouter vos prédictions, n'hésitez pas à ne laisser aucun commentaire, en tant que prédictrice avisée, je les ai déjà lus.
Et
n'oubliez pas : comme l'a prédit le méconnu coach en personal branding Andy Webrol "In the future,
thanks to web 2.0 3.0, everyone will be a guru and will be famous to
fifteen people".
Mon fils a du mal à croire que j'ai pu connaître le mur "quand il était vivant".
Il est des murs encore vivants qui nous sont invisibles mais c'est une autre histoire pour un autre moment.
Oui, j'ai donc connu le mur de Berlin quand il était vivant.
Des deux côtés. Kreuzberg. Friedrichstraße. Mitte.
Les relèves de la garde au pas de l'oie. Les immenses portraits placardés sur d'immenses façades grises.
Les files d'attente dans les magasins vides. L'opulence des boutiques réservées aux touristes.
Le Mark Ouest échangé contre 4 Mark Est aux femmes des militaires dans des bus blindés. Ma copine Marion. Et mon guide. Il avait un joli nom, mon guide.
Oui, j'ai connu le mur quand il était vivant. Quand ceux de l'Est vivaient sous le joug d'un régime cruel. Et meurtrier.
Il y a 20 ans aujourd'hui, il est tombé aux yeux de tous. Il n'y avait pas d'Internet grand public, pas de twitter et à peine quelques téléphones mobiles gros comme des valises installés dans des voitures. Il est tombé. Quand même.
Disclosure: I'd like to thank LeWeb founders @geraldine & @loic, and @stephtara for the 2009 official blogger pass I've received today.
And also thank the generous mécène that pays my typepad's annual bills
to be sure I keep on blogging.
In a way, that makes this post a
sponsored one as well as this entire blog. That's why I would also thank my
mother who taught me "If you have nothing nice to say, do not say it
... unelegantly." So, to my friends here and abroad who keep bad memories of LeWeb08
for very material reasons ultimately very futile, take a coat and think twice: LeWeb is
one of the most inspiring conference in Europe. And a unique event for
networking, meeting and shmoozing "in real life" with all of the people
you're
twitting or LinkedIning all year long worldwide. That's it.
Not really convinced? Let's talk about the biz side: LeWeb conference gathers about 2,000 entrepreneurs, investors, angels and brands. This year will be around the theme
of Real Time.
Real Time? Yes, once there was the static web, then the social web and now, here comes the real-time web. You know, the FaceBook - since it has redesigned its most important assets - and twitter thing.
If you need to know about and meet bright people of the web industry to get inspired, to grow your
business or to develop partnerships, simply be there, they will be there too.
The choice of the video's scene is a very bad one. Lady Eiffel Tower is hypnotizing. So, please focus on the speakers. Come in Paris and meet Lady Eiffel Tower in person, in real time, in december.
See you in Paris? If you plan to attend LeWeb09 - with a 10% discount by using the code BLOG09 - tweet me :-)
L'homme civilisé a fait l'échange d'une part de bonheur possible, contre une part de sécurité.*
Fut un temps, plus proche de celui de L'homme qui en savait trop que de celui de Madame Sans Gêne, il était de bon ton et signe de belle éducation de ne pas parler la bouche pleine, et jamais, au grand jamais, mettre la main devant sa bouche. Sauf pour bâiller. Mais, c'est une autre histoire.
Le code du savoir-vivre servait aussi bien l'entendement que l'esthétique.
Blâmons les journalistes qui bafouèrent sans vergogne l'interdiction de dévisager avec insistance ; les téléphones mobiles dont la qualité de réception est parfois à la limite de l'outrage ; et les caméras qui surprennent des conversations que la bienséance interdit d'écouter sans y être invité.
C'est ainsi que le toléré parler dans sa barbe sera bientôt détrôné au profit du parle à ma main parler dans sa main. Puissent les théories darwiniennes qui nous guettent s'avérer erronées.
Fut un temps, plus proche de celui de la Dame aux Camélias que de L'homme
à la chemise Lilas, il était de bon ton et signe de belle éducation de se détourner pour toussoter légèrement sur le bout de ses doigts, de
préférence gantés, et en cas d'éternuement, intempestif ou non, de
céder à l'accès le plus discrètement possible.
L'étiquette, vous dis-je.
Vous allez voir qu'au train où vont les choses et avec les avancées de la science, c'est plus qu'une part de bonheur qu'il va nous falloir lâcher.
Il va bientôt nous falloir favoriser le "savoir vivre" au détriment du "savoir-vivre" et éternuer dans le pli de nos coudes. Quelle engeance !
Puisse la sagesse populaire post-moderne, dans sa grande mansuétude, ne pas pousser le vice à nous obliger à des contorsions d'acrobate.
The basic tool for the manipulation of reality is the manipulation of words. If you can control the meaning of words, you can control the people who must use the words. Philip K. Dick
Février a visiblement été un mois festival sur l'encyclopédie Wikipedia.
Souvenez-vous : après le Sfumato et Les clairs-obscurs des conservateurs anglais, voici la mise en lumière guère plus réussie des oeuvres des ministères de la Culture et de l’Intérieur. Français. Et c'est pas beau à (sa)voir.
Vous trouverez l'historiette fort bien contée chez Benjamin Ferran. Si elle est moins scandaleuse que les outrances britanniques, elle revêt cependant ces mêmes caractères révélateurs et inquiétants : la méconnaissance (ou un abus de complexe de supériorité ?) de la
capacité de vigilance -- dans la plupart des cas -- de la communauté
wikipedia, l'incapacité à participer à une discussion, la totale incompréhension du fonctionnement du Libre (hola je n'ai pas dit gratuit, j'ai dit Libre).
Ces dérives sont-elles un détail insignifiant auquel il faudrait s'habituer avec un haussement d'épaule et de renoncement ?
Justement. Que penser de ceux dont c'est le boulot de pondre les lois (de préférence applicables) et de nous inculquer à coups de rappels à l'ordre et de riposte graduée ce qui serait juste et bon, quand ils se faufilent par des chemins tortueux comme des renards dans un poulailler ?
Tant d'hommes de droit et si peu d'hommes droits ...
Le trou de wikipedia, c'est la confiance accordée aux contributeurs, celle-là même qui fonde wikipédia et dont ils ont abusé pour eux-mêmes. Et celui d'Hadopi ?
Disclosure : Citoyen politique, héritier ou non des Lumières, si la plume te démange et que tu veuilles gratter un petit peu, voilà un carré de sable où tu pourras excercer tes talents de contempteur. Ici, tu peux, si tu l'oses. Avec des lunettes et du recul. Prends garde, si tu sais lire, c'est parfois chez les bouffons que les évidences sautent aux yeux.
Combien fécond le plus petit domaine, quand on sait bien le cultiver. - Johann Wolfgang von Goethe Génie pré-internetien, ancêtre de la marque personnelle (aka personal branding)
Le 28 mars dernier avait lieu à Lille You on The Web, les premières Rencontres sur l’identité numérique organisées par les Geemiks avec l'ESC Lille et ITEEM.
Plus de 150 participants, experts, entreprises et étudiants pour co-apprendre, sensibiliser et partager autour de l’identité numérique.
Pour ceux qui n'y étaient pas, et garder une trace en ligne de ceux qui étaient présents, est né un guide pratique en ligne, coordonné par Emilie* : Cultivez votre identité numérique.
Pas besoin d'avoir les pouces verts, il suffit de la nourrir correctement (votre identité, pas Emilie* !)
*Les lecteurs fidèles de ce blog la connaissent déjà avec sa casquette de commentatrice de rugby (mais si, souvenez-vous !). Avec l'équipe de Geemiks aussi, elle réussit tous ses essais ;-)
Beaucoup de matière, parfois très technique, mais j'ai dévoré l'intervention de Nathan Eagle, "txteagle: Crowd-Sourcing on Mobile Phones in the Developing World".
Nathan Eagle, chercheur au MIT de Boston, porte un regard enthousiaste qui tranche avec le discours habituel sur les pays émergents et spécialement sur l'Afrique dont il connait particulièrement bien le secteur mobile.
Le marché du mobile en Afrique connait aujourd'hui une des croissances les plus rapides du monde. Le réseau GSM couvre près de 90% de la population en Afrique de l'Est par exemple. Les combinés s'y vendent en moyenne 20 USD. Ces téléphones basiques servent à téléphoner et envoyer des sms. Expérience unique, ils se sont aussi transformés en véritables systèmes de paiement.
“Un pays comme le Kenya propose aujourd’hui sur les réseaux
mobiles des services bien plus en avance que ce que l’on observe parfois en Europe ou aux Etats-Unis” déclare-t-il dans sa présentation. C'est un peu long, 38 mn, tout en anglais, mais cela contient de quoi vous étonner et secouer les idées préconçues.
une plateforme qui propose un système de petites tâches rémunérées qui peuvent être effectuées
via un téléphone mobile.
A partir de cette plate-forme, Nokia, par exemple, a pu faire traduire le menu et les fonctions de ses
téléphones au Kenya dans une quinzaine de langues locales. Des tâches que les humains effectuent mieux que des ordinateurs.
Des agents de sécurité, des étudiants, des fermiers, ont accompli ces micro-tâches via leur mobile. Pour chacune d’elles,
ils ont reçu un crédit d’appel monétisable via un compte en banque mobile.
TxtEagle s’est inspiré de Mechanical Turk,
une plate-forme américaine de micro-tâches mise en place par Amazon.
Ces micro-tâches ont la particularité
d’être très simples (trier des mots, traduire, étiquetter, taguer, ...) et de
nécessiter un regard humain.
TxtEagle a étendu et adapté le modèle
d’Amazon pour offrir de nouvelles sources de revenus aux personnes qui
le souhaitent en Afrique. Côté entreprise, Nathan Eagle imagine, à
moyen terme, attirer des opérateurs actifs dans la transcription
médicale par exemple. Un marché mondial de 10 à 20 milliards USD.
D’après ses estimations, 15 millions de
personnes en Afrique seraient prêtes à travailler depuis leur mobile.
Je devine déjà quelques esprits chagrins prêts à sceller leurs chevaux de batailles sur l'outsourcing ou l'exploitation des populations dans les pays émergents. Ce n'est pas à exclure mais avant de crier au loup, lisez avec attention la présentation et les expériences menées.
As I received several requests to explain why and how, and if true and so on, about a March 19 strike, here's some info for all of you.
What do you expect from me? This is economic crisis everywhere. Even in France. And especially in people's mind.
One says the vast majority of French people support nationwide protests set for this day to denounce the government's economic policies.
One says it could be "Mai 68" revisited -- if you're curious about this subject, I urge you to read this.
French response to the crisis is street protests. Period.
Somehow, this is part of our traditions. We probably are the only European country doing this.
Plus, you already know us!
Arrogant, exuberant, moaning, sometimes unpleasant, but individually so nice, and
especially us, the French women, so charming :-)
You love our wines, even if you claim that California ones,
or Australian, or Italian or Spanish, are equally delicious.
You laugh about
our baguette, but you could walk on knees to buy these delicious French
croissants on a sunday morning breakfast.
You stuff your luggages with our perfumes, while
grumbling against the bad smell of our streets.
Your big eyes are widening by our monuments, you visit our museums with
enthusiasm but judge with severity the lost power of enlighted culture of
France.
You love hate us and come to France for us to feel it ;-)
So, yes, here's another reason to be satisfied and grumbling your favorite motto: "Damn froggies! Yet another strike!". Try to deal with it as an observator, try to catch and understand the french soul ;-) Better see the bright side, don't be bitter.
Public transportation will be affected with SNCF unions calling for strikes to begin from 8.00 PM on Wednesday until 8.00 AM on Friday. This is about trains.
Trains? Shtrains? Forget about it, stay where you are, there are still a lot of things to do you thought doing next time you visit us. Do it on Thursday.
Air France: eight unions are calling for people to strike. However management say there is no foreseen disruption to traffic at the moment. This is about flights and you already know us, even when no strike, your flight is delayed ;-)
Flight? Shflight? Aren't you happy to have an extra day to observe us protesting ?
The Metro will also be affected with four of the eight unions calling for workers to join the strike. Well, that will be nice to walk on by and enjoy the sun. You can even ride a bike.
La Poste, France Telecom and energy sector works including EDF and GDF-Suez will also go on strike.
Anyway, who still do send post-cards? And you already know that France doesn't have electricity, don't you? :-)
In the private sector, banks and journalists are among those called on to join in the protest.
Nah. That's not a big deal, even on strike, credits cards are accepted everywhere. And actually, as a foreigner, would you really read french press?
This strike follows the previous one on January 29 – remember? it was labelled Black Thursday and you missed it. Between 1,1 million (police said) and 2,5 million people (unions said) took to the streets shouting for the government to take 'urgent measures' due to the economic crisis.
This is an incredible opportunity to, at last, see for yourself one of the last big myth in the world, a french strike live covered. You might see appear the beach under the paving stones!
So, friends from abroad, help us facing the economic crisis with flegma and humor. I know you are able to!
While everyone will be on strike, go to your favorite bar, you will always find an open one and probably yours, take a chair outside, enjoy the sun, and take it easy. Twitt about it. Let us know what you do think about it. Feel free to use your freedom of speech ;-)
Plus, you might hear creative songs and incredibly increase and improve your french vocabulary with words you will never learn in a book!
This is part of France, and that's the way you love us, without understanding why ;-) So, good luck, be patient and please forgive us for any inconvenience caused, while kindly recall that we love you too!
Hier, j'ai attendu patiemment et en silence, le début des débats à l'Assemblée.
[aparté: friends from abroad, I know you miss my funny frenglish. I'll
be back soon. Meanwhile, you can follow the stream of another french monstruosity ;-) /end of the aparté]
Que dire qui n'a déjà été dit. Maître Eolas en parle très adroitement. Ce n'est pas fastidieux à lire. C'est long. Amusant et sans doute juste. Le salaire de la compréhension pour saisir un peu moins mal de quoi il retourne avant de monter sur ses grands chevaux. Ce qui ne l'interdit pas une fois la lecture terminée et le contenu digéré.
Les débats sont visibles/audibles en streaming et en léger différé sur le site de l'Assemblée Nationale. Prochaine séance, ce matin jeudi 12 mars 2009 à 10 heures.
Peu importe la couleur politique : pour qui passe une partie de son temps derrière un ordinateur, les débuts d'hier ont été consternants de contre-sens, paradoxes, sophismes et autres syllogismes.
N'étant pas juriste, mon approche est certainement entomologiste, voire affective, façon chasse aux papillons.
Je comprends et conçois que le piratage et la violation de la propriété intellectuelle soient de vraies questions sur lesquelles se pencher dans l'intérêt de la création et des industries culturelles. Font-ils du tort aux créateurs/auteurs/ayant droit ? Deux écoles s'opposent. Mais si oui, comment évaluer ces préjudices ? Puis, comment les réparer/empêcher ?
Je ne comprends pas et ne conçois pas que cette loi, déjà décrédibilisée par le parlement européen, déjà jugée techniquement inapplicable et reposant sur des postulats invérifiés voire erronés ait pu être poussée jusque sur les bancs de l'Assemblée pour être débattue en l'état et présentée comme une solution adaptée, pragmatique et respectueuse des libertés individuelles.
Ceux qui l'ont rédigée, et ceux qui voteront pour, semblent ne savoir ni de quoi on leur parle, ni de quoi ils parlent, et il est fort probable qu'au moins en matière d'Internet et de son utilisation, leur seuil de Peter ait été depuis longtemps atteint, sans qu'il leur soit acceptable et politiquement correct de l'admettre. Sans doute parce qu'eux-même n'en ont pas conscience.
Je ne veux simplement pas qu'aujourd'hui on m'oblige à mettre un mouchard dans ma connexion, ni accepter la responsabilité de l'utilisation qui pourrait en être faite à mon insu, parce que les politiques qui ont la charge de nous gouverner sont dépassés par des avancées technologiques qu'ils ont négligées, sous-estimées et ne maîtrisent pas.
Parce que demain, quand l'industrie de la santé sera au bout du rouleau, on m'obligera alors à porter un mouchard qui surveille mon alimentation et mes pratiques sportives, celles de mes enfants dont je suis responsable, au cas où je ou ils seraient victimes d'une maladie, pour me dédouaner de toute responsabilité ou au contraire me les opposer sur des critères arbitraires validés par un comité théodule accrédité scientifique ?
Ces mêmes scientifiques qui m'ont recommandé une dose quotidienne de fluor puis décommandé cette même pratique quelques années plus tard ? Ceci, pour citer un exemple anodin et sans conséquence, mais révélateur de l'évolution et de la remise en cause permanente des connaissances acquises et encore à acquérir.
Il est des boîtes de Pandore qui ne doivent pas être ouvertes. Hadopi et son logiciel de filtrage en est une. Des solutions doivent être trouvées. Hadopi et son logiciel de filtrage n'en sont pas une.
Il y a longtemps déjà, je me suis exprimée sur le rapport Olivennes.
As seen on amazing partnership between CNN and FaceBook streaming live all the day, and read on the official Inaugural Blog, placing his hand on the Bible once used by Lincoln, Barack Obama took the Oath of Office at 12:05 p.m. on the steps of the U.S. Capitol.
Immediately following, he delivered his Inaugural Address to a sea of flag-waving Americans, which stretched down the National Mall to the Lincoln Memorial and beyond.
Quand la controverse stérile accouche d'un intéressant cas d'école
Il y a quelque semaines, j'ai rejoint un groupeun site un bouzin de filles appelé twitter moms.
Comme son nom l'indique très bien, c'est là que se retrouvent des mères à majorité anglo-saxonnes qui twittent.
Comme dans la vraie vie, cette micro société aux contours flous regroupe autant d'individualités différentes que de micro groupes hétéroclites. Mais en quelques jours, je l'ai vu se transformer de pays des bisounours en formidable machine de guerre groupe de pression marchant d'un même pas.
Acte 1 : Le cheval de bataille
Motrin est une marque d'analgésique commercialisée par McNeil Consumer Healthcare. Pour faire simple, un comprimé/pilule de la famille "ça fait du bien là où ça fait mal".
L'équivalent en France de marques comme Advil, Brufen ou molécule Ibuprofène si vous avez le bon sens d'acheter la forme générique - mais c'est un autre débat..
Leur problématique : comment se différencier des concurrents qui vendent exactement la même molécule ? Easy as a pie, se disent-ils en eux-même et en anglais, car ils parlent couramment les deux langues : secouons la fourmilière des mères porteuses !
Quand je dis mères porteuses, je parle de celles qui façon kangourou sacrifient à l'autel de la mère idéale, souffrant en silence pour l'avenir glorieux de leur progéniture, qu'elles portent à tout bout de champ et à bout de bras. Jusqu'au bout du rouleau.*
C'est en tout cas ainsi que Motrin les voit, et à elles que Motrin s'adresse. "We feel your pain. Nous compatissons à votre douleur". Le ton est volontairement décalé voire humoristique. Le lancement du message coïncide avec le mois de l'International baby-wearing. (encore un truc qui bien qu'international semble purement nord américain, le mois du portage des bébés...)
Acte 2 : Les bouzins de filles dans les starting blocks ruent dans les brancards
Goutant peu cet humour iconoclaste, levée de bouclier des mères (agacées, outragées, humiliées) et même quelques pères, sous l'étendard des twitters moms qui propagent la controverse sur Friendfeed, nouvelle plaque tournante des réseaux sociaux.
"Non, ça fait même pas mal de porter ses enfants quand on le fait bien. Haro sur le Motrin, quel menteur" La contagion se diffuse entre autres sur FaceBook puis inévitablement aux agences de presse qui font leur chou gras de l'épineuse question. Est-il politiquement correct de porter une attaque frontale au piédestal de la mère courage?*
Un ramdam bien disproportionné par rapport au message en apparence bien inoffensif.
Acte 3 : Motrin déclare forfait
Motrin retire ses annonces en publiant ses plus plates excuses. Troisième mi-temps. On continue à en parler sur l'air connu des twitters moms 'On a gagné, wow le pouvoir des réseaux sociaux' entonné en canon par Motrin 'On est désolé, nous nous sommes mal compris, nous sommes aussi des parents. Votre avis nous importe'.
Epilogue :
A première vue, surtout si elle est courte : Motrin a mal évalué sa cible et l'agence qui a pondu le concept a fait travailler des créatifs qui en fait de portage ne doivent connaître que le portage salarial.
Quand on a le nez dans le guidon des demi-dieux de la communication que sont devenus les réseaux sociaux, on s'indigne qu'au lieu de descendre dans l'arène, Motrin publie un communiqué 'old school' sur son terrain site. Erreur stratégique tranche Seth Godin.
Je n'en suis pas si sûre.
Parce qu'en pratique si l'on analyse le discours latent des mères outragées, ce n'est pas la légitimité du cachet magique qu'elles contredisent. En clair, les mères répondent "t'es en train de dire que SI on a mal, et on ne dit pas qu'on a mal, c'est qu'on ne sait pas porter nos enfants. On n'a pas mal. Jamais. On ne peut pas avoir mal puisqu'on nous a appris que bien les porter ne fait pas mal !" Même des pères le disent !
Si monsieur Motrin avait employé le "je" au lieu du "vous", faisant parler une mère avec sa poche kangourou remplie d'un adorable bébé cadum sans fausse dramatisation -- comme l'aurait sans doute fait tout labo 1.0 consciencieux -- la face de la controverse en eut été changée.
La mère courage se serait alors reconnue dans le miroir tendu et ... fin de l'histoire ... qui en aurait parlé ? Personne. Inaperçu. Quel aurait été l'effet sur les ventes ? Zéro.
Motrin-le-malin n'à donc aucun intérêt à descendre dans l'arène des réseaux sociaux pour engager le dialogue parce que:
le but n'est pas d'être acteur de la discution, mais d'être sujet collatéral de la discution.
A quoi servirait d'engager le dialogue pour enfoncer des portes ouvertes que l'on s'évertue à décrire comme n'existant pas ? Si les mères disent ne pas avoir mal, aller discuter de quoi ? le "double langage" des mères qui n'ont pas mal n'appelle pas de réponse. C'est leur répondre sur ce terrain qui aurait été une erreur stratégique.
OK, au temps pour nous, répond Motrin, toutes nos excuses pour avoir été maladroit. Une vraie note à la de Gaulle un "je vous ai compris" magistral ! ... qui renvoie sur la FAQ des produits Motrin :-)
la polémique s'est déplacée sur le terrain traditionnel des medias
et d'une plus large audience. Répondre chez soi, c'est drainer des
pages vues sur un site avec des produits que l'on cherche à mettre en
avant.
Aucun concurrent n'a eu la réactivité de venir jouer le chien dans un jeu de quilles. Pas encore ?
Ce que j'en pense ?
Je parie ma céphalée annuelle que demain quand mère courage aura effectivement mal au dos, ou à la tête, bien qu'ayant vitupéré contre l'hérétique annonce, qu'ira-t-elle chercher dans le rayon de son super marché favori ? Du Motrin. -- Ah oui, aux US on achète ses analgésiques au super marché dans des bouteilles plastique et pas sous blister, ou alors à l'unité et pas par boîtes conditionnées de 12 comprimés inséparables, mais c'est un autre débat.
Et pourquoi donc pensera-t-elle à acheter du Motrin, pour elle, ou ses enfants, ou son mari ?
Empiriquement, parce que dans la solitude du rayon, il est possible qu'elle se souvienne que ça fait du bien là où ça fait mal et que Motrin a dit "We feel your pain", même si tout le monde sait désormais que porter sa progéniture, ça fait mal au dos mais qu'il ne faut pas le dire ça ne fait pas mal au dos. Même s'ils ont osé toucher à l'indétrônable icône de la mère idéale et idéalisée. Un peu sexiste d'ailleurs. Les (nouveaux) pères aussi portent leurs enfants et ont parfois mal au dos n'ont pas non plus mal au dos.
Le paradoxe humain est un facteur parfois surprenant.
Il peut arriver que cela s'utilise aussi comme ça les réseaux sociaux : une partie de billard à trois bandes dans un duo catégorie Soyez vus, jouez de la controverse.
Chacun y trouve son compte : les twitter moms nourrissent le mythe et se donnent une raison d'être. Protéger un secret de polichinelle, ça soude. Motrin pourrait y gagner en notoriété et, à la louche, en taux de pénétration du marché.
L'honneur est sauf. De part et d'autre.
Et la pilule prête à être avalée : Motrin, la seule molécule qui soulage les maux qu'on n'a pas.
* Je me sens d'autant plus légitime à "porter" ce discours que j'ai aussi porté mes enfants. Avec sac kangourou, dans un sac à dos, un sac hamac ou même à bout de bras. Suivant consciencieusement les consignes. Les trois premiers kilos et les premières semaines, c'est léger comme une plume. Magie de la découverte. Une expérience qui se vit, se raconte peu et dont l'euphorie de la charge émotionnelle se partage difficilement. Mais oui, aussi, parfois, toute médaille a son revers, ça fait mal à la tête. Et au dos. Et aux bras. Oui, parfois ça fait pleurer les mères et peut-être même les pères. Et prendre un cachet d'aspirine d'ibuprofène, ça soulage. C'est le nier qui est inquiétant. Et déloyal. Alimenter le mythe en idéalisant la condition de parent, ça donne encore plus mal à la tête. Surtout à celles et ceux qui y croient.
Sur le vif, dialogue entre mon fils l'avocat et mon fils le médecin. Entendu dans le silence de ce dimanche après-midi :
- Ben non, Afro-américain ça veut pas forcément dire noir. - Si ! - Tu peux être américain et être blanc, non ? - ... hmm... mouais - Tu peux être africain et être blanc, non ? - ... hmmm... oui - Alors Afro-Américain ça peut pas vouloir dire noir ! ça veut juste dire africain ET américain, tu vois ! (long silence)
- ... Oui ... mais non. Pour tout le monde ça veut quand même dire noir. Ecoute, va voir maman, et demande lui de te raconter l'histoire de la chemise lilas.
(long silence puis bruit de course dans l'escalier)
- Ben toi, tu connais même pas le hareng vert qui siffle ! Maaaaaman, c'est quoi l'histoire de la chemise lilas ?
(second bruit de course dans l'escalier) Maaaaman, c'est quoi le hareng vert qui siffle ?
Impiaque aeternam timuerunt saecula noctem. Virgile,Géorgiques (I, 468)
Si vous lisez ce post préprogrammé, c'est que la fin du monde a été déprogrammée.
Ou alors, c'est le dernier que vous êtes en train de lire. Parce qu'à l'heure où il est publié, si vous ressentez quelques tremblements et une forte chaleur vous envahir, il est trop tard pour apprendre à survivre en milieu marrant marin.
J'ai suivi avec effarement la propagation sur Internet de la dernière rumeur en date annonçant la fin du monde pour ce matin. Celle, suisse, du Grand Collisionneur Hadronique. La précédente -- dont je me souvienne -- remontant à 1999 et aux prophéties Pacorabanesques.
Au delà de notre destin individuel, dont on connait l'issue à plus ou moins long terme, périodiquement, à intervalles plus ou moins réguliers et sans doute depuis que le monde est monde, ce qui remonte à des lustres, que l'on soit créationniste ou non, l'épée de Damoclès pointe le bout de son nez : la fin du monde est-elle pour demain ?
Sans doute un mal nécessaire qui aura permis à quelques philosophes, illuminés ou non, de ponctuer le chemin jusqu'à nous de quelques réflexions sur le devenir ou son absence ; l'ici et le maintenant ; le savoir, les sciences ; les mystères de la vie ; ceux que l'on perce, ceux qui se dispersent, ceux qui nous transpercent et avec lesquels on doit vivre en acceptant ou pas de ne pas les comprendre.
Entre se gausser de la crédulité des catastrophistes noyés sous les déchiffrages cryptocomiques de Nostradamus, et se cacher la tête dans le sable avec l'assurance de l'adolescence, persuadés d'une quasi immortalité/éternité, l'échelle de l'humanité, telle qu'on la devine, devrait nous donner, une fois encore, une leçon d'humilité.
Sur fond de Pink Floyd, l'horreur est encore plus séduisante.
La simulation de la condition humaine terrienne, quelque part entre l'infiniment grand et l'invisible minuscule, capable du meilleur comme du pire et à la merci des éléments.
Note : Que les choses soient claires, la situation n'est pas désespérée au point de foncer chez le premier libraire venu pour vous plonger dans la (re)lecture laborieuse des Particules Elémentaires Houellebecqueuses en espérant y trouver quelque lumière pour éclairer vos trous noirs.
C'est le sous-titre. Pourtant, je le trouve meilleur que le titre Comment le web change le monde*, un peu trop couche-culotte ;-) Encore que, l'emploi du présent lui confère une valeur ajoutée. Il ne dit pas "Comment le web a changé le monde" mais bien "Comment le web change le monde"-- sans point d'interrogation, mais je leur pardonne, ils savent ce qu'ils font ;-D Une des clés de compréhension est sans doute dans ce présent-là. Le processus de transformation court toujours.
Les deux compères balisent le chemin jusqu'aux débats outre-atlantique menés par des érudits du web parfois inconnus ici, en France.
Parfois ils s'égarent en route -- j'aurais aimé qu'ils aillent plus loin sur la question de la sécurité et de la protection des données.
Ou ils rebroussent chemin, pas grand chose sur "comment les webacteurs porn et les tenants de l'ordre moral sur le web changent le monde". Les premiers représentant un iceberg de plus en plus visible ? -- les stats de MyPornMotion sont à cet égard clairement explicites. Les seconds, une minorité de moins en moins silencieuse ?
Mais, vous l'aurez compris à la longueur de ce post, j'ai kiffé apprécié la lecture de cet ouvrage.
L'interface écriture est fluide, très agréable à lire, avec un soin évident pour simplifier la navigation la lecture, et pourtant le n00b non-initié aura peut-être du mal à suivre. Le puzzle ordonné parle en effet plus à ceux qui expérimentent le web comme un mode de vie, qu'au néophyte l'utilisant comme une nouvelle lucarne magique. Tout ça pour dire que la lecture du livre devrait s'accompagner de travaux pratiques : cliquer sur le lien visiter, voire tester les sites cités pour mieux comprendre ce qui se vit.
Pragmatique, jamais abscons mais parfois pointu, le livre est truffé d'exemples, de portraits de start-up, d'interviews d'experts, qui sont autant de pistes à explorer. Elles ne vous conduiront pas forcément là où Pisani et Piotet font escale, le livre ne dit pas si le web est rond et s'il tourne, ni si son expansion est un univers fini ou infini ... Mais, elles vous mèneront peut-être, comme Antoine Sire qui en a rédigé la post face, à vous interroger sur la capacité de ces multitudes individuelles "à nous propulser vers le progrès ou à nous expédier dans le mur".
Puissent les futurs webréacteurs être dotés de bons air-bags !
Et vous, quand qu'en pensez-vous ? ;-)
* "Comment le web change le monde: l'alchimie des multitudes" de Francis Pisani et Dominique Piotet Éditeur Pearson Education France, 22 euros ISBN : 978-2-7440-6261-2
Hormis le travers agaçant de l'emphase dans la fiche 'ready blog' qui l'accompagne -- Son blog [...]compte parmi les plus influents. Ses chroniques paraissent dans les meilleurs journaux etc -- la promo est bien ficelée. Pearson et l'Atelier BNP Paribas sont en parfaite cohérence avec le thème en offrant gracieusement l'ouvrage à un large éventail de blogueurs. A croire que le web change non seulement le monde, mais la définition du Service de Presse ;-) Merci !
C'était un très joli moment partagé avec Shimon Peres en 2006 au Web3 (souvenez-vous) "This world is pregnant".
Hier soir pendant le Girl Power 3.0, ses mots me sont revenus.
A regarder Michèle prendre des notes, acquiescer ou réprouver d'un écarquillement d'oeil discret, écouter Tatiana et Natacha ouvrir les vannes de l'information qui devrait irriguer la sécheresse de nos méconnaissances, Isabelle la fonceuse déblayer au buldozer les chemins de la gloire, l'autre Isabelle, la Femme Digitale qui tempère avec justesse et authenticité les sorties de routes ; à découvrir l'enflammée Aurélie qui joue des mots et des cheveux avec brio, la timide et extra-avertie Morgane qui blogue, rock and rule avec curiosité et émerveillement, bref, à participer aux échanges qui parfois s'enlisent dans les travers des clichés inévitables pour mieux repartir hors des sentiers battus, à regarder toutes ces femmes, si différentes et qu'un réseau sans fil visible mais bien présent relie, ses mots me sont revenus en écho "This world is pregnant".
Le fait est que nous sommes de plus en plus nombreuses à investir le champ d'internet historiquement créé, maîtrisé et utilisé par une majorité d'hommes. En termes d'usage, la fracture numérique hommes vs femmes n'a plus guère de sens de ce coté-ci du monde occidental -- quand elle risque de s'accroître dans les pays émergents.
Une redite du permis de conduire. On n'évitera sans doute pas la boutade "femme au volant, écran bleu de la mort au tournant" mais nous apprenons à utiliser, maîtriser, créer pour, avec et sur l'engin !
Et, peut-être une première, non seulement cette appropriation d'un secteur historiquement masculin n'a pas à justifier de légitimité ni de combat de pionnières, mais la diversité de l'approche dite féminine est globalement bienvenue. Il y a des places à investir, à créer, à inventer. En voudrons-nous ? Le tout est de savoir pour en faire quoi.
Alors, je ne sais qui a violé l'histoire mais oui, "This world is pregnant". Et pour une fois, la montagne peut accoucher d'une souris ;-)
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