Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?*
Pas vraiment envie d'écrire en ce moment. Ce ne sont pourtant pas les sujets qui manquent en cette fin d'année.
Je veux dire des sujets consensuels et neutres dans l'absolu, ou même ceux où la controverse serait minime et acceptée :
- le retour du prix de l'iPhone à 99 euros chez Orange, brièvement passé à 79 euros pendant les fêtes, lors de l'annonce de sa perte de monopole. Même pas peur de ses concurrents qui, il est vrai ne font pour le moment rien pour lui faire peur.
- Ou la stagnation du marché des mobiles qui se manichéise en deux sortes de terminaux, le basique pas cher qui sert seulement à téléphoner et le pda intelligent avec accès internet mobile, trop cher, avec des conditions opérateur trop contraignantes. Et plus de place pour les terminaux entre les deux. Une sorte de mort des middle class.
- Ou même encore le parti socialiste français s'enfonçant un peu plus par la voix de son porte-parole, qui à défaut de la contrôler, sa parole, déclenche les langues acerbes et exacerbe les polémiques par son silence.
Oui, même ce dernier sujet serait sans doute moins épineux que de parler de la situation à Gaza, en Israël, au Proche-Orient.
Le proche Orient, pas si loin donc. A quelque vol d'oiseau de Paris.
Du coup, les fessiers immobiles de tous les donneurs de leçons, bien enfoncés au chaud dans leurs moelleux fauteuils, se targuent d'avoir un avis avisé et éthique sur le sujet.
Qui, de la disproportion de la riposte israélienne ; qui, de s'émouvoir des frappes sur des civils côté gazaoui, passant sous silence 8 ans de bombardements réguliers de roquettes kassam sur les civils israéliens. Qui, suggérant d'imposer aux israéliens plus de sagesse et de patience. Toujours plus de sagesse et de patience aux israéliens. Qui, dénonçant avec véhémence le blocus empêchant les palestiniens blessés de quitter les territoires pour se faire soigner en Égypte ou en Israël, passant sous silence l'armée Égyptienne les refoulant par les armes ou la force, les convois humanitaires qui passent, ou encore les hommes du Hamas bloquant toute sortie des blessés, des civils utilisés comme boucliers humains par ces mêmes hommes du Hamas noyés dans les populations civiles. Je ne parle même pas des ambulances servant de convois d'armes, je ne veux pas polémiquer.
Évidemment dans le concert ambiant du chœur des vierges bien pensantes, seule la capacité à s'émouvoir est une vertu. La rigueur et la compréhension des décisions à prendre pour démarrer le sale boulot qu'il faut bien pourtant prendre en charge, ne font pas recette. Monde en déséquilibre où la crainte de déplaire et l'abus de mièvrerie pour chercher l'assentiment de tous conduit à des réflexions absurdes et à accepter voire cautionner l'inacceptable.
Alors dans ce concert ambiant du consensus blâmeur, je n'ai guère envie d'écrire que je ne comprends pas qu'Israël ait autorisé si longtemps et si souvent ces fausses trêves qui ont permis au Hamas de se réarmer.
Attendu si longtemps avant de détruire ces tunnels qui certes permettaient le transit de denrées de premières nécessité vers les populations civiles palestiniennes mais surtout aux armes de circuler.
Quelle autre nation aurait permis 8 longues années de bombardements et de morts de ses citoyens en signant des trêves illusoires pour l'espoir d'un miracle qui ne vient jamais ?
Relativité abominable des chiffres : 15 18 israéliens tués par des roquettes palestiniennes en 8 ans, ce n'est sans doute pas assez pour émouvoir le reste du monde, mais c'est déjà 18 de trop pour qui a un proche emporté. 300 320 palestiniens tués dont 57 civils en deux jours émeuvent le monde entier, pourtant la perte et la douleur du deuil sont les mêmes, du moins théoriquement.
Pas envie d'écrire pour poser la simple question "que font les "frères arabes" des palestiniens sur leurs grandes terres qui encerclent Israël depuis 1948 ?"
Aucun d'entre eux pour poser les bases simples d'une aide pour leur trouver une terre sur laquelle ils auraient pu pourront bâtir une nation aussi florissante que celle construite par les juifs dans le désert qu'ils ont trouvé en 1948 ?
A ceux qui manquent de repères dans l'espace et le temps, je conseille ces 90 secondes de 5 000 ans histoire des religions. Le minuscule territoire en rose entouré de terres musulmanes est Israël. Ceux qui ont posé le pied en Israël savent combien le territoire est géographiquement minuscule. Les autres devraient ouvrir les yeux et en prendre conscience.
Depuis toujours, palestiniens et juifs y vivent à titre individuel en plutôt bonne harmonie pas trop mauvaise entente. Les arabes israéliens qui ont accepté de continuer à vivre en Israël ont les mêmes droits et devoirs que tout autre israélien.
Comme le rappelle fort justement Jeremie, une partie des territoires a été donnée/rendue aux Palestiniens. Je n'irai pas plus loin en posant la question du "pour en faire quoi", ce n'est pas le propos.
Ceux qui ont refusé de vivre sous le "joug égalitaire de la domination israélienne" doivent pouvoir trouver une terre. Mais est-ce ce à quoi leurs dirigeants travaillent ?
Que les Palestiniens se tournent vers leurs dirigeants, le Hamas, qu'ils ont élu en choisissant la voie la plus fanatique et la moins pro-paix, qu'ils les exhortent à plus de sagesse et de patience, ou qu'ils en changent !
Qu'ils se lèvent et se tournent vers leurs voisins pour discuter de la moins pire des solutions pour partager une terre. Qu'ils se lèvent et se tournent vers les Nations Unis pour demander l'octroi d'une parcelle de terre prise sur l'immensité des terres musulmanes si proches.
Une vieille blague juive raconte que Moïse commençant par répondre "Ca... ca..." à la question de Dieu lui demandant quelle terre il souhaitait, obtint la terre de Canaan. Si Moïse n'avait pas été bègue, c'est bien la Californie, conformément à sa volonté, qu'il aurait obtenu. (Et non le Canada, comme une branche dissidente le prétend). Quoi qu'il en soit, la face du monde en eut été changée. Et il y a fort à parier que les Californiens se seraient tout autant accommodés de la présence des juifs que les Floridiens ou les New Yorkais d'aujourd'hui.
Un de mes fils, qui voit le monde avec ses yeux d'enfant, ne comprend pas pourquoi on fait moins de cas pour les juifs que pour les espèces animales en voie de disparition. Il ne comprend pas non plus qu'à l'école on puisse étudier le latin et le grec antique mais pas l'hébreu. Pas seulement parce que ses origines sont là. Tout simplement parce que la notion et le sentiment de justice tels qu'on peut les ressentir enfant lui font voir les choses autrement. Autrement que lorsqu'en grandissant on perd ses yeux d'enfant.
Je sais que ceux des enfants palestiniens doivent aussi avoir du mal à décrypter le monde dans lequel ils sont contraints de vivre. Je sais quelles réponses leur apportent les trop rares parents modérés. Je sais aussi celles de la majorité des parents Palestiniens. Celles de leurs manuels d'histoire emplis de haine anti-juive et de leurs bulletins de vote pour le Hamas. Alors, comment s'étonner de l'escalade sans fin de cette violence reproduite de génération en génération.
Tant que des mères palestiniennes nourriront la fierté de porter en leur sein un(e) kamikaze explosif au lieu de leur apprendre la curiosité et le respect de l'autre, des mères juives pleureront leurs enfants assis dans le mauvais bus au mauvais moment. Tant que des pères palestiniens offriront comme seule perspective d'avenir le spectacle de leur soutien voire leur asservissement à des groupes terroristes et comme enseignement le jet de pierres, des pères juifs pleureront leurs enfants soldats, otages ou morts au combat.
Oui, il n'y a pas de terroristes chez les juifs. Des médisants, des voleurs, des menteurs, des mécréants, sans doute, comme dans tout groupe constitué, et peut-être même des juifs bretons, corses ou basques. Mais des terroristes, il n'y en a pas. Pourtant du point de vue de la grille d'analyse palestinienne, il y aurait toutes les raisons pour qu'il y en ait.
Vous êtes-vous seulement jamais demandé pourquoi il n'y en a pas ?
















